FIFAfrica 2018: Taxes Sur les Réseaux Sociaux et Coupures Internet au cœur des Discussions

FIFAfrica18 Update |

Du 26 au 28 septembre 2018 se tenait à Accra la 5è édition du Forum on Internet Freedom in Africa (FIFAfrica), auquel participait Internet Sans Frontières. J’ai eu le privilège d’y représenter l’association. Co- organisé par le Collaboration on International ICT Policy for Eastern and Southern Africa, un organisme consultatif indépendant, et la Media Foundation for West Africa, ce forum se veut un haut lieu d’échanges entre différents acteurs sur l’état et les perspectives des libertés et droits numériques en Afrique.

Les Taxes sur l’utilisation des réseaux sociaux au cœur des discussions

Il a évidemment été question des législations visant à taxer auprès des utilisateurs l’usage des réseaux sociaux et applications de messagerie, quelques jour après qu’une régulation similaire ait été retirée au  Bénin, suite à une forte mobilisation des béninois, soutenue par Internet Sans Frontières. Le panel consacré aux implications économiques et sociales des taxes sur les réseaux sociaux, auquel j’ai pris part pour Internet Sans Frontières, était modéré par Sandi Chimpala de TechTrends, aux côtés du Dr. Wairagala Wakabi de CIPESA, Broc Rademan de Research ICT Africa et Kojo Boakye de l’entreprise Facebook . Au delà de l’impact économique négatif, les panélistes ont rappelé ces taxes sont porteuse d’un relent autoritariste, en ce qu’elles font peser de réelles menaces sur la liberté d’expression, et l’accès  l’information. L’occasion m’a été donnée de rappeler que la victoire historique et inédite des citoyens béninois face à leur gouvernement ne doit pas faire oublier que de nombreux utilisateurs en Ouganda, en Zambie subissent encore le poids de ces régulations injustes.

L’urgence en Afrique d’adopter des indicateurs de l’universalité de l’Internet

Internet Sans Frontières a également pris part à la session organisée par l’UNESCO sur les indicateurs de l’universalité de l’Internet : fruit d’une réflexion entamée en 2017, ces indicateurs doivent permettre à chaque pays d’auto-évaluer le niveau d’universalité de l’Internet disponible dans un territoire donné, en particulier vérifier que l’Internet est fondé sur les droits humains, s’il est ouvert, accessible à tous, et fruit de la participation de plusieurs acteurs. Aux côté de James Marenga, Vice-président de l’Institut des Médias pour l’Afrique Australe (MISA), de Damola Sogunro, Principal Computer Analyst au Ministère de la Communication et des Technologies du Nigeria et de Dorothy Gordon, activiste technologique ghanéenne et spécialiste du développement, j’ai pu rappeler
les nombreux obstacles qui entravent l’accès aux informations en ligne sur le continent Africain tels que les coupures d’Internet, la restriction des libertés et la criminalisation des discours en ligne, la faible protection de la vie privée, les taxes relatives à l’usage d’Internet et le manque de transparence par rapport aux activités des gouvernements.

Plaidoyer contre les coupures Internet et données

Le panel consacré au plaidoyer axé sur les données relatives aux coupures d’Internet en Afrique a permis de rappeler le travail d’Internet Sans Frontières contre cette forme grave de censure, aux côtés de ses partenaires Access Now, the Global Network Initiative, et Netblocks, tous membres de la coalition Keepiton fondée en 2016. Les données sont nécessaires dans cette lutte, notamment celles permettant de connaitre le nombre précis de coupures Internet, mais également l’impact économique et financier de celles-ci. En 2017, le premier calcul par Internet Sans Frontières du coût économique de la coupure totale d’Internet dans les régions anglophones du Cameroun, la plus longue à ce jour en Afrique, a permis d’intéresser un tout nouveau public au plaidoyer contre la censure sur Internet, en particulier les médias et institutions économiques et financières. D’où l’importance de l’outil COST (Cost of Shutdowns Tool), développé par l’organisation Netblocks, qui automatise le calcul du coût des coupures Internet.

FIFAfrica, un espace de discussion et de collaboration nécessaire

J’ai pu constater à travers ma participation que le FIFAfrica est un creuset qui permet de débattre de manière interactive et éclairée sur les enjeux et défis actuels de la société de l’information en Afrique.

Vous pouvez en apprendre d’avantage sur la 1ère participation d’Internet Sans Frontières à ce grand RDV africain dans ce podcast d l’émission Afrique 7 jours de la Deutsch Welle.

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